Le président du Conseil, Faure Gnassingbé, s’est adressé ce mardi aux parlementaires, pour son discours de politique générale sous la Cinquième République. Mandaté par la majorité, il dit vouloir “conduire l’action publique dans une nouvelle étape de l’histoire” du Togo.
Au cœur de son message : une idée forte, martelée tout au long de son intervention.
« Nous construisons une République nouvelle. Une République d’équilibre. Une République d’avenir. »
Le chef du gouvernement présente la Ve République comme un tournant historique : un régime parlementaire moderne, apaisé et équilibré, voulu et adopté par le Parlement.
La réforme n’est pas, selon lui, une simple “technicalité”, mais “une révolution de l’esprit public”.
Le Parlement devient une instance de décision stratégique, un “moteur d’impulsion démocratique”. La majorité est appelée à assumer pleinement la responsabilité de l’action, l’opposition celle de la vigilance et de la proposition.
« Dans cette nouvelle République, chaque parlementaire est plus que jamais comptable devant le peuple. »
Le président du Conseil insiste longuement sur la décentralisation. Le Sénat, désormais en fonction, et les conseils régionaux élus pour la première fois, sont présentés comme la voix des territoires au cœur de la décision nationale.
Il fixe un objectif clair : corriger les inégalités d’accès aux services publics.
« Les disparités d’accès aux services de base ne sont plus acceptables. La géographie ne doit plus être un facteur de destin. »
L’État, prévient-il, ne pourra plus “tout faire depuis Lomé”. Les régions, communes et conseils territoriaux deviennent des partenaires de premier plan.
L’idéal visé : une République d’équité et de proximité, où chaque citoyen, où qu’il vive, accède aux droits fondamentaux.
Le cœur de la feuille de route tient en trois verbes, qui résument l’ambition du gouvernement : protéger, rassembler, transformer.
Protéger : sécurité, stabilité, souveraineté
Dans un contexte marqué par l’insécurité régionale, les chocs climatiques et les tensions géopolitiques, la première mission affichée est de garantir sécurité des citoyens, stabilité des institutions et paix sociale.
Le Togo entend poursuivre sa diplomatie de stabilité et d’influence, se présenter comme un partenaire fiable, une voix constructive en Afrique et dans les enceintes multilatérales, et renforcer sa diplomatie économique dans les secteurs stratégiques : sécurité, numérique, transition énergétique, logistique continentale.
Rassembler : une République d’équité et de dialogue
Deuxième axe : la cohésion nationale.
La République parlementaire doit, selon lui, s’enraciner dans une culture démocratique renouvelée : plus de débat, plus de transparence, plus de participation citoyenne.
« Rassembler, cela veut dire gouverner pour tous les Togolais, sans exclusion, sans privilège, sans complaisance. »Il tend la main à l’opposition, qualifiée de “vigie utile” et de “force de proposition” indispensable.
« La démocratie ne s’accommode pas du monologue, elle s’enrichit du débat. »
Tr oisième priorité : la transformation économique et sociale.
Faure Gnassingbé assume une ambition claire : produire des résultats visibles et mesurables.
Dans un contexte difficile, il estime que la résilience du pays est réelle, la croissance encore solide et le cadre macroéconomique sain. Il annonce dix grands chantiers prioritaires : éducation, santé, eau, électricité, emploi des jeunes, sécurité alimentaire, inclusion financière, justice territoriale, transition écologique, digitalisation.
« L’inclusion ne sera pas un mot, mais une méthode. »
Une République forte, rappelle-t-il, est une République qui “n’abandonne personne” : femmes, jeunes, travailleurs informels, personnes en situation de handicap, familles rurales.
Justice, équité et gouvernance de résultats
Le discours consacre un passage important à la modernisation de la justice.
Objectif : rendre les décisions plus prévisibles, plus rapides, plus accessibles.
Il annonce avoir instruit le ministre de la Justice de lui soumettre des mesures de grâce ciblées pour certains détenus (longues détentions, délits mineurs, détenus âgés ou gravement malades), tout en excluant strictement les crimes de sang et les atteintes graves à la vie.
« Une société forte ne se construit ni dans la faiblesse, ni dans la vengeance, mais dans l’équilibre entre justice, humanité et responsabilité. »
Sur la méthode, le Président du Conseil promet une gouvernance de résultats : chaque ministre aura des objectifs clairs, chaque projet un calendrier, un budget, un responsable, un suivi, un “tableau de bord du gouvernement” sera mis en place pour un pilotage et une communication transparents.
“La République est entre nos mains”
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